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Fermeture du thermoludisme à Caleden : 2 ans déjà !

Ça y est, nous y sommes. Cela fait maintenant 2 ans que la partie thermoludique de Caleden est fermée, suite à la décision personnelle et unilatérale de M. le Président Directeur Général du centre thermal, M. Didier Achalme. Un PDG également vice-président du Conseil départemental, ce qui, vous le verrez, a toute son importance dans cette rocambolesque et pathétique farce politico-financière sur fond de subventions et d’investissements publics…

Politique-fiction : si Caleden appartenait au privé…

Toute cette histoire pourrait se résumer ainsi : si Caleden était une entreprise privée, nous n’en serions purement et simplement pas là. En effet, une entreprise privée aurait tout simplement et immédiatement enclenché l’assurance dommages-ouvrage. Avec celle-ci, les travaux de réparation de la toiture auraient été conduits. L’assurance aurait ensuite cherché les dédommagements par l’intermédiaire des assurances des artisans, bureaux techniques ou architecte pouvant être mis en cause. Aucun temps judiciaire n’aurait eu d’impact sur l’activité de Caleden ou sur l’économie de notre ville. À cette date, soit 2 années après la fermeture du thermoludisme, l’assurance dommages-ouvrage n’a pas toujours pas été enclenchée.

En 2010, le centre thermal a fait sa renaissance grâce à plus de 10 millions d’investissements publics et la volonté de la mairie de Chaudes-Aigues de ne pas perdre cette institution locale. Depuis lors, l’eau chaude a été enlevée des maisons autour de la source du Par ainsi que des fontaines, ce qui faisait la signature de notre cité depuis des centaines d’années (pour ne pas dire plus). Mais il fallait sauver le soldat Caleden, et ce sacrifice des habitants était apparemment la seule solution pour conserver notre centre thermal.

Les Caldaguès privés de leur eau chaude naturelle : à quelle fin ?

Mais depuis 2 ans, on peut décemment se demander : à quoi sert que nous soyons privés de cette eau chaude ? Caleden est l’un des plus gros employeurs de la commune, il est vrai. Mais est-on sûr que l’activité du centre thermal est pérenne financièrement ? Est-ce que le centre thermal vit sous perfusion du Conseil départemental depuis 2010 ? Car les chiffres de la marge bénéficiaire étaient alarmants avant même la fermeture de la partie thermoludique. Qu’en est-il dorénavant ? Comment Caleden va-t-il rembourser les 700 000 euros prêtés par le Conseil départemental en 2019, et qui doivent être remboursés d’ici la fin de l’année prochaine ? Va-t-on faire cadeau de ces deniers publics pour lui éviter la faillite ?

Et c’est bien là le problème : à quel moment les entrepreneurs et professionnels privés de Chaudes-Aigues ont-ils pu bénéficier de l’aide du Conseil départemental suite à la dégringolade économique due à la décision du PDG de Caleden de fermer la partie thermoludique ? Aucune aide financière, certes, mais pire que tout, aucune information permettant à ces mêmes professionnels de pouvoir anticiper ou prévoir !

Intoxication élémentaire

Cela a même été jusqu’à la désinformation (pour ne pas dire pire), car n’oublions pas que lors de la conférence de presse de février 2018, MM. Faure, Achalme et Dolon nous avaient annoncé de nouveaux investissements publics avec l’aide du Conseil régional et de l’Europe, pour un montant de 5,7 millions d’euros dans le cadre du Plan Thermal ! Cette injection devait améliorer notre offre thermale et augmenter notre capacité d’accueil en terme de curistes. Ce même PDG de Caleden, lors de la « réunion publique d’informations », avait assuré devant toute la salle, le conseil municipal de Chaudes-Aigues, et plusieurs élus du Conseil départemental, que la partie thermoludique de Caleden rouvrirait en 2020. Certes, l’année 2020 n’est pas terminée. Mais les travaux, eux, n’ont même pas commencé…

Nous passerons sur les menaces de plainte, diverses fois répétées, y compris dans le journal suite au fait que nous demandons des explications et amenons des faits. Ces messieurs-dames de la politique, qui ont entre leurs mains le devenir du centre thermal, vont nous répondre qu’ils ne sont pas responsables, que c’est la justice qui est décisionnaire, et vont de nouveau se cacher derrière ce temps judiciaire que, pourtant, ils ont initié.

Depuis 2 ans, les questions des responsabilités totalement éludées

Car c’est bien eux qui, contre toute logique ou intelligence, ont enclenché cette procédure judiciaire qui, en plus d’aller contre tout le bon sens qui devrait caractériser les actions politiques, pénalise à la fois Caleden et donc tout le personnel qui en dépend, mais aussi tous les professionnels du tourisme gravitant autour de ce poumon économique qu’était le centre thermal.

Et ce qui est aussi affligeant que rageant, c’est justement que ces hommes et ces femmes politiques ne sont jamais responsables de leurs décisions, même quand celles-ci ont des conséquences catastrophiques. Imaginez un chef d’entreprise privée qui prendrait la décision, sans aucun arrêté de mise en péril de la part des autorités compétentes, de fermer une partie de son entreprise ; entre autres, celle qui ramenait le plus d’argent à sa société. Que va-t-il en être ? Eh bien il ne pourra pas toucher les indemnités de perte d’exploitation, car il ne pourrait justifier de la raison de la fermeture. La justice lui demanderait pourquoi il n’a pas enclenché l’assurance dommages-ouvrage, et il ne toucherait pas 700 000 euros de la part des instances politiques pour éviter de mettre la clé sous la porte.

À quand le temps des justifications ?

Et vous savez quoi ? Ce serait normal, car il serait juste considéré comme un mauvais dirigeant, un piètre gestionnaire. Et c’est là que les hommes et femmes politiques sont bien à l’abri derrière leurs titres ronflants de PDG, vice-président et consorts. Car ils n’ont jamais de compte à rendre ; ils n’ont jamais besoin de justifier leurs actes ou décisions. Nous ne sommes pour eux que des dossiers, des tremplins en attendant d’avoir un poste supérieur dans leur carrière politique : député, sénateur ou autres.

L’expert, dans la procédure judiciaire, devrait rendre son pré-rapport, qui sera contesté, et qui donnera lieu à des multitudes de réponses de la part des différentes parties. Ensuite viendra le rapport définitif sur lequel le juge devrait s’appuyer pour rendre une décision, qui amènera peut-être à l’autorisation de débuter les travaux de réfection de la toiture (mais avec quels fonds ?). Parce qu’autoriser les travaux ne veut pas dire que l’on a identifié les responsabilités des dommages. Travaux qui, aux dires de l’avocate de Caleden, amèneront à la fermeture totale du centre thermal (donc pas de cure) pendant au moins un an… C’est un dossier qui, peu à peu, devient un fonds de commerce pour les avocats.

De quel côté sont les « mafieux » ?

L’année dernière, nous avions envoyé en «  cadeau » à M. Achalme, le PDG de Caleden, une lauze à 1 million d’euros (qui est le montant des indemnités en perte d’exploitation demandé par Caleden) pour tristement fêter cette première année de fermeture. Cela avait été qualifié de « méthode mafieuse » par l’opposition au sein du Conseil départemental. Un commentaire surprenant de la part des personnes qui devraient être les premières à demander des justifications sur les agissements et décisions de leurs « collègues » ! Mais n’oublions pas qu’avant d’être des opposants politiques, ils sont des politiques et qu’en réalité, ils font semblant de s’affronter avant de jouer au jeu des chaises musicales, avec les postes et fonctions suivant les mandats.

Par conséquent, en 2020, nous allons récidiver et envoyer une nouvelle lauze d’anniversaire, celle à 2 millions d’euros, afin de pointer ce qui ne va pas dans cette gestion désastreuse. Point de méthode mafieuse, bien au contraire ; nous, nous ne menaçons personne. Nous voulons uniquement lever le voile sur cette affaire, et que ces personnes qui nous « dirigent » soient dans l’obligation de justifier leurs actes.

Nous avons dans le Cantal au moins deux SAEM : Caleden et le Lioran, les deux étant dirigées par le Conseil départemental, et les deux étant en grandes difficultés. Sommes-nous donc les seuls à voir un lien de cause à effet ?