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Caleden : la réunion du 1er juillet 2020 a-t-elle été décisive ?

Le mercredi 1er juillet 2020 s’est tenue, à Chaudes-Aigues, une nouvelle réunion d’experts-avocats-artisans-assurances dans le cadre de la saga Caleden.

La présence du PDG de Caleden

À cette réunion assistait, pour une fois, le Conseil départemental, avec la présence du président directeur général de la SAEM et vice-président dudit conseil CD : M. Didier Achalme. Le PDG était venu en force, accompagné par la chef du service de gestion Mme Lacoste, la chef du service juridique Mme Bastide, du Conseil départemental, mais également par l’expert du bureau d’études Sylva Conseil. Sylva Conseil, rappelons-le, est l’équipe qui a travaillé sur le Plan Thermal, payée plus de 300 000 euros pour sa prestation, et dont « l’expert » M. Vigier s’est prononcé pour la fermeture de la partie thermoludique de Caleden.

Interrogé par les avocats, les assurances et l’expert judiciaire, le président directeur général M. Achalme a répondu que la priorité du Conseil départemental était la réouverture au plus vite du thermoludisme. Ce à quoi les avocats, les assurances et même l’expert judiciaire ont répondu qu’il aurait suffi d’enclencher l’assurance dommages-ouvrage en septembre 2018.

En septembre 2018, rien à déclarer

Eh oui, car dans le vaudeville caledenesque, la direction de la SAEM n’a pas fait de déclaration en septembre 2018… Ensuite, quand l’expert et CAVD lui ont demandé de se justifier de cette négligence, Caleden a fait une déclaration de sinistre en avril 2019 mais qui, de façon rocambolesque, n’a pas été envoyée à la bonne adresse, ce qui fait que l’assurance Albingia n’a pas reçu ce courrier.

Et pour rester dans le côté tragicomique du théâtre de boulevard, Caleden, à cette date, n’a toujours pas fait de déclaration de sinistre concernant le problème de toiture du thermoludisme ayant abouti à la décision exclusive du président directeur général de la SAEM de fermer le thermoludisme en septembre 2018, soit depuis bientôt 2 ans. La responsable juridique de la société Albingia (assurance dommages-ouvrage souscrite en 2006) a bien confirmé qu’à ce jour, aucune déclaration de sinistre provenant de Caleden n’avait été reçue et donc traitée par l’assurance.

Ce que l’assurance dommages-ouvrage aurait changé

L’assurance dommages-ouvrage, si elle avait été enclenchée immédiatement, aurait aboutie à ce que les travaux soient conduits et ensuite, la procédure en recherche de responsabilité aurait été mise en route. Le temps judiciaire n’aurait donc eu que très peu d’influence sur l’économie de notre commune. La question qui a été posée au PDG de Caleden lors de cette réunion – et que CAVD pose depuis le début de cette affaire – est : pourquoi cette assurance dommages-ouvrage n’a pas été enclenchée ? Question à laquelle M. Achalme et, avant lui, M. Dolon (l’ancien directeur de Caleden) ne veulent pas répondre. Nous sommes en droit – et le juge le sera aussi – de nous demander ce que cache cette non-déclaration.

Le rôle du Conseil départemental du Cantal

Il a aussi été demandé au PDG de la SAEM ce qu’il en était d’un potentiel investissement financier de la part du Conseil départemental pour que les travaux se fassent avant la fin de la procédure judiciaire. Là encore, M. Achalme a botté en touche pour éviter de répondre.

Il n’est pas dur de penser que le Conseil départemental, qui a déjà « prêté » 700 000 euros l’année dernière à Caleden, ne peut plus justifier devant le conseil d’administration du CD qu’il faut à nouveau investir 1 million pour les travaux, alors même que l’assurance dommages-ouvrage aurait couvert ces frais de rénovation.

À quoi correspond la date annoncée de juin 2022 ?

Dans les « grandes nouvelles », nous savons aussi que la date de juin 2022 a été annoncée par M. Achalme, mais point de fausse joie ! Ce n’est pas la date de la réouverture du thermoludisme, c’est simplement la date ultime demandée par les assurances pour déterminer le montant de l’indemnisation en perte d’exploitation. Ce n’est en aucun cas une date de réouverture.

Perte d’exploitation qui est et qui va encore être contestée puisqu’aujourd’hui, nous sommes déjà à 1 million d’euros demandés par Caleden, alors même que cette fermeture n’était pas nécessaire mais que, quoiqu’il en soit, elle aurait pu être considérablement raccourcie si l’assurance dommages-ouvrage avait été mise en route.

Les assurances ne vont certainement pas payer pour une fermeture qui aurait pu être évitée et donc pour l’incompétence de la direction de Caleden. Par conséquent, point de travaux en vue avant cette date, et sans doute pas avant longtemps après cette date.

Pompes, bassins : les autres travaux à prévoir à Caleden

Il faut aussi savoir que même lorsque ces travaux se feront, s’ils finissent par être faits, il faut compter au minimum 8 mois de fermeture complète de Caleden. Donc pas de cure non plus. Aux travaux sur la charpente, il faut rajouter les 85 000 euros des pompes qu’il faut apparemment remplacer et les plus de 130 000 euros des bassins qu’il faut refaire entièrement puisqu’ils sont restés vides trop longtemps.

Travaux qui, même s’ils se font avec les plans proposés par Caleden et Sylva Conseil, n’auront pas résolu le problème de la condensation. En effet, selon le cabinet Terrell Morette, c’est le bâtiment dans son entier qui doit être ventilé, et cela n’est pour l’instant toujours pas envisagé par Caleden.

C’est donc pour cela que M. Lanquette, l’expert judiciaire, a demandé la nomination d’un sapiteur concernant précisément le problème de la condensation. Le futur rapport d’expertise s’oriente donc sur une mise en cause de l’entreprise de couverture qui aurait mal installé le pare-vapeur, ainsi que sur le bureau d’étude en charge de la toiture. En effet, le seul responsable trouvé est ladite entreprise de couverture, qui avait elle-même averti M. Dolon dès 2014 du problème de pourrissement de la toiture, peu de temps après la réception des travaux.

De nombreuses années avant la résolution du dossier judiciaire

En conclusion, la seule certitude que nous avons suite à cette réunion est que ce dossier judiciaire va durer encore de nombreuses années, et que la direction de Caleden autant que le Conseil départemental ont fait la preuve, encore cette fois, au mieux de leur inertie, au pire de leur incompétence dans la gestion de cette affaire.

CAVD aimerait savoir comment M. Achalme compte prendre en considération la perte financière des entreprises du village, mais également comment Caleden, censé rouvrir partiellement le 6 juillet, tiendra financièrement jusqu’à la remise en état du thermoludisme. Il y a quelques mois, la direction se vantait d’avoir attiré « davantage de curistes »… avec seulement 14 personnes en plus entre 2018 et 2019. Pas sûr que ce chiffre suffise à boucler les comptes et à régler les frais de fonctionnement du centre.

Il faut espérer que les forces vives qui vont constituer notre prochain conseil municipal prennent ce dossier en main et que, lors du prochain conseil d’administration* de la SAEM, les représentants de la mairie et donc de nous tous prennent le taureau d’Aubrac par les cornes et pèsent de tout leur poids pour faire avancer le dossier. Il faut vraiment arrêter avec cet attentisme qui sert d’excuse aux politiques. Nous avons besoin de décideurs tant à la mairie qu’au département. Nous ne croirons plus aux annonces flamboyantes mais fausses que l’on nous a servies depuis 2 ans.

*Officieusement, la prochaine réunion du CA de Caleden devrait se tenir le 10 août 2020.

© Illustration : Agence Saint-Flour pour La Montagne