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Échappées Belles à Chaudes-Aigues : mettre en lumière un territoire qui doit se réinventer

Le 5 octobre 2026, Mathilde Jarlier est venue dans le Cantal afin de préparer un article consacré à notre territoire pour le magazine papier Échappées Belles.

Après plusieurs rencontres à Saint-Urcize et sur l’Aubrac, son parcours l’a conduite à Chaudes-Aigues. Accompagnée de son père, Pierre Jarlier, architecte, ancien maire de Saint-Flour et ancien sénateur du Cantal, elle a été accueillie chez Gourmet & Glouton pour un dîner et une longue conversation consacrée au village.

Cette rencontre représente une nouvelle occasion de raconter Chaudes-Aigues, de faire connaître ses richesses et de porter un regard lucide sur les perspectives de développement du territoire.

Une source qui a façonné le village

À Chaudes-Aigues, tout commence naturellement par la source du Par.

Son eau jaillit à près de 82 °C au cœur du village. Depuis des siècles, cette chaleur naturelle structure la vie locale, l’organisation du quartier et les usages des habitants.

À Chaudes-Aigues, la source du Par, dont l’eau jaillit à près de 82 °C, témoigne du lien ancestral entre la chaleur, les habitants et leur territoire.
À Chaudes-Aigues, la source du Par, dont l’eau jaillit à près de 82 °C, témoigne du lien ancestral entre la chaleur, les habitants et leur territoire.

Autour de la source s’est constitué le noyau primitif de Chaudes-Aigues. Les maisons, les passages et l’ancien réseau de distribution d’eau chaude témoignent d’une relation exceptionnelle entre la population, l’architecture et les ressources du sous-sol.

Source d’eau chaude à Chaudes-Aigues dans une rue du village thermal du Cantal

Dès 1332, un document mentionne l’existence de ce réseau, faisant de Chaudes-Aigues la première ville au monde connue pour avoir utilisé un système collectif de chauffage par géothermie.

Cette eau chaude ne doit donc pas être considérée comme une simple curiosité. Elle constitue un patrimoine historique, une ressource énergétique, un élément d’attractivité touristique et l’un des principaux leviers permettant d’imaginer l’avenir de Chaudes-Aigues.

De la source du Par à Caleden

Le parcours de l’eau relie près d’un millénaire d’histoire.

Il raconte les anciens usages domestiques, le chauffage géothermal du village et le développement du thermalisme. Caleden prolonge aujourd’hui cette histoire en accueillant curistes, visiteurs et habitants autour des bienfaits de l’eau thermale.

Entre la source du Par et l’établissement thermal, Chaudes-Aigues possède ainsi un récit territorial particulièrement puissant. Celui-ci pourrait être rendu beaucoup plus visible dans les rues, les espaces publics et les différents parcours proposés aux visiteurs.

Le passage des pèlerins de Saint-Jacques, l’oratoire, les maisons anciennes et les chemins historiques enrichissent encore cette lecture du village. Ces éléments ne sont pas isolés : ils composent ensemble une histoire qui mérite d’être mieux reliée, expliquée et transmise.

Révéler l’eau et la chaleur dans l’espace public

La place du Marché pourrait notamment devenir un lieu emblématique de cette mise en valeur.

Au cours de la soirée, Pierre Jarlier a partagé son regard personnel d’architecte sur cet espace central. Sans prétendre en définir l’avenir ni se substituer à ceux qui en ont la responsabilité, il a évoqué la possibilité d’y rendre l’eau et la chaleur davantage visibles.

Des bassins, des circulations d’eau ou des aménagements permettant de percevoir la chaleur et la vapeur ont été cités comme des pistes de réflexion, et non comme les éléments d’un projet arrêté.

L’objectif ne serait pas de créer un décor artificiel, mais de révéler une richesse qui existe déjà sous nos pieds.

Une telle réflexion pourrait favoriser une continuité entre l’office de tourisme, la place du Gravier et ses terrasses, la rue Notre-Dame-d’Août, la place du Marché, le quartier du Par, les commerces, les hébergements et Caleden.

Elle enrichirait l’expérience des visiteurs tout en améliorant le cadre de vie des habitants. Chaudes-Aigues doit mettre en scène son identité avec exigence, sans la dénaturer.

Transformer la visibilité en activité durable

La venue d’un média national constitue toujours une opportunité. Après Télématin et Radio Totem, l’intérêt porté par Échappées Belles confirme que Chaudes-Aigues possède une histoire capable de dépasser largement les limites du Cantal.

Mais cette visibilité ne doit pas rester sans lendemain.

Elle doit permettre d’attirer de nouveaux visiteurs, de prolonger leur présence dans le village et de leur donner envie de découvrir ses commerces, ses artisans, ses restaurants, ses hébergements et son établissement thermal.

Pour dépasser les simples impressions et mieux comprendre cette fréquentation, CAVD a déjà consacré une analyse aux flux de visiteurs à Chaudes-Aigues. Observer leur provenance, leurs déplacements et la manière dont ils découvrent le village est indispensable pour adapter l’accueil et imaginer de nouvelles activités.

Cette visibilité doit également montrer que Chaudes-Aigues n’est pas seulement un lieu à visiter. C’est aussi un territoire où il est possible de vivre, de travailler, d’entreprendre et d’investir.

Faire venir ne suffit pas : il faut donner envie de rester

Attirer un visiteur constitue une première étape. Transformer son passage en véritable séjour représente l’enjeu suivant.

Lorsqu’un visiteur reste quelques heures, il découvre un lieu. Lorsqu’il demeure une nuit ou plusieurs jours, il rencontre des habitants, fréquente les commerces, s’attable dans les restaurants, découvre les artisans et construit une relation plus profonde avec le territoire.

La formule peut paraître simple : il faut pouvoir venir, rester, manger, boire et dormir au pays.

L’hébergement joue donc un rôle central. Sa diversité, sa visibilité, sa disponibilité au fil des saisons et sa capacité à répondre aux différents profils de visiteurs conditionnent directement la durée des séjours.

Cette réflexion ne concerne pas uniquement les hébergeurs. Chaque professionnel peut devenir un passeur : un établissement thermal peut orienter ses visiteurs vers le centre-bourg, un restaurateur vers un producteur ou un artisan, un commerçant vers un parcours patrimonial et une association vers un événement.

C’est ce maillage qui transforme une succession d’adresses en véritable destination. Plus les professionnels se connaissent, se recommandent et relient leurs activités, plus les visiteurs disposent de raisons concrètes de prolonger leur présence.

Attirer de nouveaux habitants et de nouveaux projets

Nous voyons arriver dans le Cantal des personnes venues du grand Sud et des grandes agglomérations, à la recherche de fraîcheur, de tranquillité, d’espace et d’une meilleure qualité de vie.

Chaudes-Aigues dispose de nombreux atouts pour répondre à ces nouvelles aspirations. Le village possède une identité forte, une ressource naturelle exceptionnelle, un patrimoine préservé et une situation privilégiée entre le Cantal, l’Aubrac et l’Aveyron.

Cependant, ces qualités ne suffiront pas si les bâtiments restent fermés et si les initiatives ne trouvent pas les conditions nécessaires à leur développement.

Le territoire doit pouvoir accueillir des familles, des professionnels, des commerçants et des porteurs de projets. Il doit aussi savoir s’adresser aux investisseurs privés ainsi qu’aux descendants des bougnats et des Auvergnats de Paris qui souhaitent retrouver un lien concret avec leur territoire d’origine.

Des initiatives privées pour démontrer que cela reste possible

L’implantation de Gourmet & Glouton illustre cette volonté de créer de l’activité à partir d’un lieu, d’une histoire et d’une identité locale.

Cécile et Stéphane Chaudesaigues poursuivent aujourd’hui cette démarche à travers Maison Chaudesaigues et leurs futurs projets. Leur ambition est de contribuer à la réouverture de bâtiments, à la création de nouvelles activités et à la redynamisation du cœur du village.

Le projet d’implantation d’une trattoria et d’un restaurant italien autour de la place du Marché s’inscrit dans cette continuité. Il ne s’agit pas seulement d’ouvrir un établissement supplémentaire, mais de participer à la transformation d’un quartier et de démontrer que l’investissement privé peut accompagner la renaissance de Chaudes-Aigues.

Ces projets constituent un véritable défi. Ils servent aussi de preuve : il est encore possible de revenir, d’investir et d’entreprendre dans le Cantal.

Ce que cette rencontre a confirmé

La conversation menée avec Mathilde et Pierre Jarlier a confirmé qu’une visibilité médiatique ne produit véritablement ses effets que lorsqu’elle s’appuie sur un territoire organisé pour accueillir, orienter et retenir ses visiteurs.

La source du Par, le quartier historique, la rue Notre-Dame-d’Août, la place du Marché, la place du Gravier, l’office de tourisme et Caleden ne devraient pas être perçus comme des points indépendants. Ils doivent composer un parcours cohérent permettant aux visiteurs de cheminer dans le village et de rencontrer celles et ceux qui le font vivre.

Elle a également fait apparaître une aspiration partagée : préserver ce qui constitue l’identité de Chaudes-Aigues tout en acceptant que le village évolue. Protéger un territoire ne signifie pas le maintenir immobile. Son patrimoine, son eau, sa chaleur et son histoire doivent devenir les fondations de nouveaux projets.

Depuis près de quinze ans, Stéphane Chaudesaigues et sa famille sont présents sur le territoire à travers leurs activités, leurs rencontres et leurs initiatives. Cette continuité leur permet de recueillir des souvenirs, de relier les époques et de transmettre une histoire locale qui ne doit pas disparaître.

Raconter Chaudes-Aigues, ce n’est pas seulement regarder son passé. C’est comprendre ce qui constitue sa singularité afin de préparer son avenir.

Pour CAVD, servir le territoire consiste précisément à favoriser ces rapprochements, à rendre les initiatives visibles et à faire en sorte que chaque regard porté sur Chaudes-Aigues puisse ouvrir la voie à de nouveaux projets.

Le numéro concerné du magazine Échappées Belles est annoncé pour la première semaine de janvier 2027.

Pour découvrir les deux récits publiés à la suite de cette rencontre :